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Les robots et l'intelligence artificielle vont-ils détruire nos emplois ?

Les robots font parler d’eux depuis un moment. Ils représentent le futur et font à la fois des enthousiastes, des sceptiques et des effrayés. Suite à la sortie de nombreux articles et études, la question que le monde se pose aujourd’hui est : les robots et l'IA vont-ils voler nos emplois ?

Même si les robots et l’intelligence artificielle existent depuis de nombreuses années, c’est depuis le début des années 2000 que la transformation digitale impacte d’une nouvelle manière les emplois et en touche de plus en plus. Pour la première fois, la production n’est plus le seul secteur concerné. Des emplois de plus en plus qualifiés sont touchés, le danger remontant petit à petit la chaîne de valeur. Les nouvelles tendances telles que le big data, la digitalisation, les objets connectés, transforment les activités de services et intellectuelles que l’on croyait protégées. Les métiers de la finance et du digital se retrouvent eux aussi concernés.

 

Robots et intelligence artificielle : la situation en chiffres

D’après l’étude « Think Act » du cabinet Roland Berger (2014), 42% des métiers au sein du marché de l’emploi français présentent une probabilité d’automatisation forte du fait de la numérisation de l’économie. Les métiers automatisables n’étant plus seulement les métiers manuels, on voit en effet se répandre des logiciels traducteurs, journalistes, conseillers financiers, etc. Le nombre d’emplois qui pourraient être détruits par la numérisation d’ici 2025 s’élève à 3 millions. Une transformation massive du secteur tertiaire à cause de la nouvelle vague d’automatisation est à venir.

Pour cause, l’automatisation permettrait un gain de 30 milliards d’euros de recettes fiscales et d’économies budgétaires mais aussi de dégager des investissements privés. 

 

Robot et IA : vont-ils voler nos emplois ?

 

Les robots : opportunité ou menace ? 

Les robots représentent une menace pour nos emplois. Le vrai danger viendrait de certaines tendances technologiques :

  • En tête, le big data qui, en automatisant les fonctions d’analyse et de décision, permet de manipuler des volumes de données considérables dans des temps de réponses de quelques dixièmes de secondes. Les systèmes de big data et le cloud sont des « machines apprenantes » qui prennent en charge des tâches jusqu’ici effectuées par les hommes. C’est ainsi qu’est née la start-up française Criteo qui offre le meilleur service aux annonceurs en termes de retargeting.
  • La robotique avancée est la deuxième tendance à avoir un fort impact sur l’emploi. Elle permet une plus grande polyvalence, mobilité et autonomie de décision. Avec le développement des véhicules autonomes par exemple, le secteur des transports va être très prochainement bouleversé.
  • Les objets connectés font eux aussi partie d’une tendance technologique qui apporte d’importants gains de productivité dans certains secteurs et modifient les manières de travailler. Dans le secteur de l’assurance par exemple, leurs applications permettent de suivre en temps réel les conditions physiques et le mode de vie d’un individu.

 

 

Mais cette révolution numérique est vue par certains comme une nouvelle illustration de la théorie de Schumpeter : la « destruction créatrice ». Cette célèbre théorie induit que les ruptures technologiques provoquent une crise sociale causée par la mise hors d’activité des hommes dont le métier est rendu obsolète par la technologie. En parallèle, ces ruptures permettent l’apparition de nouveaux métiers qui rééquilibrent la balance des emplois plus ou moins rapidement.

En effet, la transformation digitale ouvre de nouvelles perspectives de création d’emplois dans des domaines comme l’environnement, la performance des entreprises, la relation client et surtout les technologies elles-mêmes. La croissance des entreprises du digital est phénoménale pour cette raison.

Mais la vitesse du progrès technologique est telle qu’il devient difficile pour les hommes de s’adapter professionnellement aux cycles des changements technologiques. Le fait que les ruptures technologiques soient de plus en plus rapprochées dans le temps nous met en situation d’innovation permanente et donc de destruction permanente. Les emplois créés ne vaudront pas le nombre d’emplois détruits car ils se détruisent plus vites qu’ils n’ont la capacité de se recréer.

 

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme - Lavoisier

Les robots ne vont en fait pas remplacer nos emplois mais les transformer. Le cabinet de recherche Forrester a publié une étude intitulée « The Future of Jobs, 2025 : working side by side with robots » qui souligne le fait que l’évolution majeure liée à l’automatisation sera la transformation des métiers.

Dans presque tous les métiers, l’automatisation et la robotisation ne sont jamais totales. Les deux nécessitent une supervision humaine. Les robots récupèrent les tâches répétitives sans valeur ajoutée.

Une étude d’Oxford a montré que sur les 702 métiers susceptibles d’être remplacés, celui de comptable arrive en 2ème place (94% de chance d’être remplacé). Cependant, il y a encore plus de personnel comptable qu’avant l’avènement des systèmes ERP4. Pourquoi ? L’automatisation numérique du travail de comptable, comme pour tout autre métier potentiellement automatisable, va prendre en charge les tâches les plus « lourdes ». Ainsi, les comptables se concentreront sur le travail à plus grande valeur ajoutée. Ce qui signifie également les tâches plus épanouissantes comme l’analyse plutôt que les processus qui précèdent.

La clé est donc de trouver un compromis entre les humains et la robotique. Ainsi les deux parties pourront travailler ensemble, sans que les robots ne se substituent aux hommes.

 

Par Mélanie Duclos



#robotique #intelligence artificielle #emploi

Le 23 Avril 2018 à 09h28

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